World SuperBike : Magny-Cours

Julien Da Costa
Julien da Costa sur la Yamaha YZF R1 du Team DFXtreme


Championnat du monde Superbike, Magny cours 08 et 09 octobre 2005

Voila la course qui achèvera ma saison 2005, assez mouvementée je dois dire, car en 13 courses j’ai roulé dans 6 catégories avec 6 teams différents et 3 marques différentes : British Superbike (MSS Discovery Kawasaki, Dienza Performance Kawasaki), Master d’Endurance (ART Kawasaki), World Supersport (Lightspeed Kawasaki), Superproduction France (ART Kawasaki), British Supersport (TAS Suzuki) et World Superbike (DFXtreme Yamaha).

Le point positif dans tout ça, c’est d’avoir rencontré des personnes de nationalités différentes, de cultures différentes, mais à chaque collaboration, on parlait la même langue : la passion de la course.

Bref revenons au sujet : la manche française du World SBK, le dernier championnat avant le MOTO GP.

Le week-end commence dès jeudi, ou il faut que j’établisse le contact avec ce nouveau team (maintenant j’ai l’habitude) DFXtreme qui est italien et heureusement mon chef mécano est un portugais qui parle et vit en France et travaille en Italie, il sera l’interprète tout le week-end.

Donc je suis accueillis à l’italienne, ciao como estai touto posto, super quoi et je vous dis pas la pasta, mamamia que bueno !

Je prends connaissance avec la bête, une R1 2005 "un peu" améliorée, outre la fourche et l’amorto White Power usine, on notait un bras oscillant MG, du levier de frein jusqu'à la rondelle de disque BREMBO SBK, de l’électronique en veux tu en voila, antipatinage, anticabrage, limiteur de vitesse dans les stands, fonction "launch control" pour des départ contrôlés et possibilités de choisir plusieurs cartographies d’injections via un bouton sur le té de fourche et pas moins de 205 bourrins dans le moulin titillant le limiteur à 14.200 tours minutes, donc pas une meule de touriste.

Bon vendredi 10h30, je m’élance sur le circuit nivernais, je démarre tranquilou, et je suis surpris de la douceur de cette machine, pas vibration, un filet de gaz très souple, presque une moto de série.

Mais quand je décide d’envoyer la sauce, je m’accroche au guidon, put… ça ouvre, la boite Racing est d’une précision chirurgicale, pas une seule vitesse sautée du week-end, bref un régal.

Julien da costaOn travaille bien avec l’équipe, ce qui me permet d’améliorer la machine à chaque sortie, je finis le vendredi soir 21ème à 1,9 sec de la pôle.

Samedi matin, la moto est de mieux en mieux, je réalise mon chrono de qualification en pneu de course, mais au moment de passer le pneu qualif, la moto ne se comporte pas de la même manière et je perds du temps, je réalise le 23ème chrono sur la grille.

La séance de l’après midi est libre, donc on s’efforce de faire des tests "configuration course", avec le plein et tout ça, et je suis de plus en plus rapide, avant la mi séance je reviens sur Vincent Philippe dans le virage d’Estoril (le grand droite après les stands), et je le double par la gauche a la sortie du virage car il tenait la corde, je me retrouve à sa hauteur et il décide de couper et se relever croyant que j’était à droite, étant déjà sur la bande blanche, je ne peux me dégager, mon frein avant percute son genoux et illico presto je me retrouve à terre a plus de 230km/h, je glisse à n’en plus finir et je me relève sur l’herbe contre le mur, ouf je n’ai rien, mais la moto !!!

il a fallut la ramener en 3 fois, le cadre coupé en deux au niveau des reposes pieds. C’est un fait de course donc pas de responsabilité à chercher.

Pour le warm up je prend le mulet avec un moteur neuf, mais au bout d’un demi tour ce dernier pisse l’huile, donc pas de warm up ni de moteur neuf, on remet l’ancien.

1er départ, je pars super bien, au 1er tour je me retrouve 16ème derrière Norifumi ABE, j’arrive à le suivre 5 ou 6 tours et je me suis régalé, quel style !

Mais je me fais doubler par Nieto puis par Sanchini et au 10ème tour à la réaccel d’Adélaïde il n’y a plus rien à la poignée de gaz : câble cassé. Dommage mais il y a la 2nde manche

2ème départ, ABE se met en travers au départ et je suis obligé de l’éviter, au moment de prendre le virage, je vois un tas de motos me couper la route et je ne peux tourner à gauche car Sanchini est la donc je tire tout droit et je couche la moto pour ne pas heurter un pilote à terre.

Privé de démarreur électrique je ne peux pas repartir avec la moto, tout est fini.

Le drapeau rouge est sorti, mais j’ai détruit mon mulet samedi donc pas de moto de secours, je rentre dans mon stand, n’y croyant plus, mais la moto revient, merci aux commissaires, les mécanos réparent les dégâts, et je repart des stands 1 minute avant la fermeture, je prends ma place sur la grille prêt à en découdre.

La 2ème course démarre enfin et je pars mal, je perd 2 places, je passe 19ème au 1er tour, puis je double Vizzielo, puis Sanchini, puis Philippe, 1 par tour.

J’ai un écart de 3 sec avec le groupe de devant composé de Gimbert, Nieto, Bostrom et Checa.

Je reviens sur Gimbert, alors en queue du groupe, il reste 12 tours. Je double Seb et me retrouve au cul de Nieto, je suis 15ème.

Mais j’ai tapé dans mon capital pneu pour revenir et je le paye lors des derniers tours, je ne peux attaquer Nieto et fini dans sa roue à la 14ème place.

Voila un week-end ou je me suis bien régalé et qui sait peut être me retrouver dans ce championnat en 2006.

Rendez vous la saison prochaine.

Julien DA COSTA #86

Julien Da Costa
Julien da Costa lors de la 12ème manche du World SuperBiKe 2005.